ORIGINE DU NOM
Le nom datura est lui-même d’origine indienne (hindi dhatura) et nous a été transmis par l’intermédiaire du portugais ou de l’arabe. Une autre interprétation[1] attribue l’origine au mot persan tat ou tatula pour piquant transformé en datura par les arabes.
UN PEU D’HISTOIRE
En Chine, du Xe au XVIIe siècle, elle était utilisée dans un mélange de vin et de cannabis préconisé comme anesthésique ou bronchodilatateur. Ses propriétés bronchodilatatrices ont longtemps été utilisées dans la pharmacopée, notamment sous la forme de cigarettes anti-asthmatiques.[1]
Elle est fumée ou bue en infusion. Elle est d’ailleurs toujours utilisée par certaines ethnies d’Amérique lors de rites initiatiques, même si son usage et sa préparation restent variables d’une ethnie à l’autre.
Sa grande toxicité la rend potentiellement dangereuse même pour un usage chamanique. L’ingestion de toute partie de la plante entraîne un délire hallucinatoire qui peut mener au décès en cas de surdose.
OU LA TROUVER 
Datura est un genre de plantes de la famille des Solanacées originaire d’Amérique du Sud ou de l’Inde selon les espèces.
SON ASPECT
Le datura est une plante annuelle aux fleurs érigées alors que le brugmansia est un arbuste aux fleurs retombantes. Leur période de floraison s’étale de juin jusqu’aux gelées. La fleur est en forme de tube de 12 à 19 cm de long, terminé en entonnoir à cinq lobes peu découpés.
SES PROPRIETES
Ce sont des plantes riches en alcaloïdes (hyoscyamine, scopolamine, atropine) dans tous leurs organes, elles sont vénéneuses et toxiques.
Les propriétés psychotropes de ce genre botanique sont connues depuis le 1er siècle. Ses alcaloïdes présentent des analogies avec les hallucinogènes, mais s’en différencient par une action spécifique. Ils agissent par blocage de l’effet d’un médiateur chimique (l’acétylcholine) du système nerveux parasympathique. Ce sont des anticholinergiques appartenant au groupe des esters glycoliques. Ces produits ont été distingués des hallucinogènes. Tels que Smythies les a définis en 1959[2], ils constituent un sous-groupe des psychodysleptiques. Ils sont aussi classés dans la famille des hallucinogènes délirants. Dérivés de l’atropine, scopolamine et hyosciamine induisent un état de conscience comparable au delirium tremens (syndrome anticholinergique ou atropinique), qui leur doit d’avoir été différenciés des autres produits hallucinogènes. Ils provoquent un état confusionnel assimilé à une phase de début de psychose aigüe où surviennent des hallucinations véritables (absence de stimulus objectif). Le sujet ne peut alors distinguer son environnement extérieur de son monde intérieur. Les hallucinations ainsi induites sont d’une réalité surprenante. Le sujet ne les rattache pas à la prise de drogue et n’a aucune distance par rapport à celles-ci. Il n’a pas les moyens de les différencier de son environnement habituel.