Les glucosinolates, présents dans les légumes crucifères, joueraient un rôle favorable sur l’inflammation et les niveaux d’œstrogènes, réduisant ainsi les effets secondaires des traitements du cancer du sein.

Consommer des aliments à base de soja (comme le lait de soja ou le tofu) et des légumes crucifères (comme le chou, le chou frisé, le chou vert, le bok choy, le chou de Bruxelles et le brocoli) peut réduire les effets secondaires du cancer du sein, selon les résultats d’une étude médicale.

L’alimentation réduit les effets secondaires des traitements

Les survivantes au cancer du sein éprouvent souvent des effets secondaires de traitements qui peuvent persister des mois ou des années après la fin des soins. Elles souffrent souvent de bouffées de chaleur et de sueurs nocturnes.

Les chercheurs aux Etats-Unis ont mené une étude avec 365 volontaires pour comprendre si l’alimentation pouvait jouer un rôle dans la gestion de ces effets secondaires.

Les résultats de l’étude ont montré que les femmes dont l’alimentation était composée de produits à base de soja (lait, tofu, edamame, miso) jusqu’à 865 grammes par jour et de légumes verts de la famille des crucifères (chou frisé, chou rouge, choux de Bruxelles, brocolis) affichaient moins d’effets secondaires tels que les bouffées de chaleur ou les sueurs nocturnes provoquées par les traitements bloquant la production d’œstrogènes (hormonothérapie).

Les femmes qui consommaient le plus de soja étaient moins fatiguées et subissaient moins de douleurs articulaires, de perte de cheveux ou de mémoire.

Bien que d’autres recherches soient nécessaires dans des populations plus vastes et avec des données alimentaires plus détaillées, ce projet comble une lacune importante dans la recherche sur le rôle possible des facteurs, comme les habitudes alimentaires, en relation avec les effets secondaires des traitements.

Soja : Les bénéfices et les risques sur la santé

Le soja est une source importante d’isoflavones appelée également phyto-estrogènes. Les principales isoflavones présentes dans le soja sont la génistéine, la daidzéine, la glycitéine, la formononétine et la biochanine A. De façon générale, les phyto-estrogènes présentent une similitude structurale avec l’estradiol, qui leur confère des propriétés dites ostrogéniques. En se fixant sur les récepteurs qui se trouvent dans divers organes (sein, utérus, thyroïde, prostate), les phyto-estrogènes peuvent moduler les voies de régulation hormonale.

Si la plupart des végétaux contiennent naturellement de faibles quantités de phyto-estrogènes, ceux-ci sont présents en abondance dans le soja et ses aliments dérivés. Cette teneur est cependant très variable d’un aliment à l’autre et entre les différentes familles de produits à base de soja disponibles sur le marché.

Les compléments alimentaires à base de soja se présentent sous forme d’un extrait de la graine réduit sous forme de poudre et encapsulé et possèdent des concentrations en isoflavones très variables (de 1 à 40 % de l’extrait, excepté la lécithine de soja qui ne contient pas d’isoflavones). Ces compléments alimentaires sont souvent présentés comme ayant des effets bénéfiques sur les bouffées de chaleur associées à la ménopause, ainsi que sur l’ostéoporose, la santé de la peau et des cheveux et l’hypercholestérolémie.

Sur la base de la bioactivité des isoflavones et de leurs propriétés hormonales, leurs effets potentiels sur la santé humaine sont actuellement débattus. Ces effets semblent dépendre de l’âge, du sexe ou de l’état de santé global de la personne exposée.

Recommandations

Dans la mesure où l’absence de risque liée à une consommation élevée de soja sur la santé n’a pas été prouvée, les chercheurs invitent à la prudence. En cas de cancer du sein, le soja peut être consommé dans l’alimentation, mais en quantité modérée et pas tous les jours. Les précautions s’appliquent d’autant plus pendant les traitements du cancer du sein. Les compléments alimentaires à base de soja sont déconseillés en cas de cancers hormono- dépendants du sein, de l’utérus ou des ovaires et lors d’un traitement à base de tamoxifène et de létrozole.

La consommation de soja reste déconseillée chez les enfants de moins de 3 ans et les femmes enceintes en grande quantité, et ne devrait pas dépasser chez l’adulte la dose de 1 mg/kg de poids corporel en isoflavone aglycone (forme bioactive), si on se réfère à l’avis scientifique de l’AFSSA. En population générale, l’AFSSA estime que les consommateurs devraient éviter de cumuler différentes sources de phyto-estrogènes, par exemple plusieurs aliments dérivés du soja, en particulier si leurs teneurs en phyto-estrogènes ne sont pas identifiées, et d’éviter les compléments alimentaires à base de soja, car leurs bénéfices et l’absence de risques n’ont pas été démontrés.

Enfin, l’étiquetage doit préciser la teneur en phyto-estrogènes, exprimée en équivalents aglycones, notamment sur les aliments à base de soja et les compléments alimentaires. Ceci signifie un contrôle des doses par les industriels à chaque fabrication avec un nouveau lot de soja.