Très en vogue depuis quelques années, la musicothérapie a la particularité d’utiliser la musique comme moyen thérapeutique. Découvrez quelques généralités sur la musicothérapie.

La musique comme moyen de communication

La musique sert de moyen de communication. Non seulement pour chanter des déclarations d’amour gluantes sous des balcons branlants ou pour mettre au monde des convictions politiques à voix haute.

En médecine, la musique a été utilisée depuis l’Antiquité pour soigner de nombreux maux. De l’empire sumérien, on a transmis des chants de temple, qui étaient fermement intégrés dans les rituels de guérison. De l’Antiquité jusqu’en 1550, la musique faisait partie intégrante de la formation des médecins respectifs. Aujourd’hui, la musicothérapie connaît un fort essor après la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, la musicothérapie est définie comme « l’utilisation délibérée de la musique dans le cadre de la relation thérapeutique pour restaurer, maintenir et promouvoir la santé mentale, physique et spirituelle ». Cela inclut tous les concepts psychothérapeutiques de la musique utilisés en médecine. Il ne s’agit pas de savoir si le chant est « bon » ou « mauvais », ni si les leçons de piano ont réussi.

Accès musical aux personnes souffrant de dépression

La musicothérapie est souvent utilisée lorsque les moyens de communication habituels sont défaillants. Pour les maladies mentales et psychiatriques les plus courantes de la vieillesse, à savoir la dépression et démence sénile, la musicothérapie offre un soutien et une aide. Les personnes dépressives qui sont piégées dans leur monde émotionnel réussissent souvent avec la musique à sortir de leur rigidité émotionnelle et à revenir à la vie.

Cependant, l’approche de la musicothérapie pour les personnes dépressives devrait être laissée aux thérapeutes. La musicothérapie est toujours intégrée dans un concept thérapeutique global et y est supervisée avec compétence. Il ne suffit pas de jouer un CD.

La musicothérapie contre l’oubli

Pour les personnes souffrant de démence, la musique est le moyen de choix pour réveiller les souvenirs. Parce que les expériences musicales formatrices sont faites dans la jeunesse et que les personnes démunies d’âge vivent généralement dans la réalité de leur enfance et de leur jeunesse, les musicothérapeutes peuvent s’appuyer sur des expériences et des sensations que leurs patients n’ont pas oubliées.

De nombreux patients âgés qui ne se souviennent pas des noms de leurs proches peuvent facilement chanter des chansons de leur jeunesse. Pour de nombreux patients, cette expérience constitue à elle seule un morceau de qualité de vie. La musique s’adresse à des émotions qui vont bien au-delà des capacités verbales et cognitives.

Inversement, la mobilité peut également être stimulée à nouveau de cette manière : Une danse sur la musique suit souvent spontanément, lorsque le rythme et la musique communiquent avec le corps. Reconnaître ce potentiel est la tâche du musicothérapeute, qui doit traiter chaque patient individuellement en conséquence. Le terme « leçon de musique dans une maison de retraite » ne rend certainement pas justice à l’approche de la musicothérapie dans les soins gériatriques.

Avec des crécelles et des cordes souples

Le thérapeute décide quel type de musique, quels instruments et dans quelle mesure la musique est utilisée à des fins thérapeutiques. De nombreux thérapeutes, par exemple, utilisent des instruments qui ne nécessitent aucune formation musicale préalable de la part des patients.

Si la sensation et la perception du corps doivent être soutenues, une « chaise sonore » est également utilisée. Le patient est assis debout, le dos contre le dossier du fauteuil, sur lequel le thérapeute fait vibrer des cordes d’acier. Le son est perçu sur la chaise par l’ensemble du corps, la colonne vertébrale étant le centre physique de la transmission des vibrations.

Les thérapeutes apprécient la chaise sonore car elle permet au patient de maintenir une posture droite mais confortable qui favorise la conscience intérieure. Ce sont surtout les patients qui ont peur de se sentir à la merci des autres ou qui sont très démunis en raison d’un handicap physique qui bénéficient du nouvel instrument thérapeutique. Pour les nourrissons et les enfants ou les personnes gravement handicapées, on utilise également des canapés sonores, avec lesquels les sons peuvent être entendus sur tout le corps.

Détente pour le corps et l’esprit

La musique, qu’elle soit principalement entendue ou jouée par le patient lui-même, sert à s’adresser au patient sur le plan émotionnel et, de cette façon, à soulager la tension et à trouver des approches communicatives avec le patient. La musique est donc utilisée comme élément de base dans le traitement psychologique et psychiatrique des enfants.

Comme le sens de l’audition reste fonctionnel le plus longtemps, même les personnes les plus gravement malades peuvent être traitées par la musique. Des études ont montré que ces patients peuvent être traités par des sons, des tonalités et la parole en utilisant le sens de l’ouïe. En même temps, les sensations sont également transportées. La confiance, la sécurité et la proximité sont également transportées. Les mesures montrent qu’une respiration plus profonde et plus régulière et un rythme cardiaque plus lent s’ensuivent entrainant la relaxation et l’apaisement.

La musicothérapie pour les personnes dans le coma

La musicothérapie est utilisée comme thérapie d’accompagnement pour les patients en coma apallique. Ces patients ont subi des dommages durables en raison d’influences extérieures telles qu’un accident, une hémorragie cérébrale ou un manque temporaire d’oxygène. Dans le passé, on supposait que les personnes dans un coma apallique n’étaient pas conscientes de leur environnement. Ces patients sont souvent allongés dans leur lit avec les yeux ouverts, mais presque immobiles. Les observateurs extérieurs ont du mal à évaluer ce qui se passe en leur sein.

On sait aujourd’hui que les patients en coma apallique réagissent à l’attention et aux stimuli sensoriels qui leur sont spécifiquement proposés. De nombreux patients connaissent une amélioration au cours du coma apallique, qui peut être temporaire ou même permanent.